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La Cédéao va envoyer des troupes en Guinée-Bissau
Les Etats ouest-africains ont confirmé jeudi le déploiement à partir de vendredi de troupes en Guinée-Bissau, secouée par un coup d'Etat, et réitéré des menaces de sanctions contre le Mali en raison des agissements de l'ex-junte militaire. La Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) va déployer une mission forte de 629 hommes en Guinée-Bissau "pour relever les militaires angolais (et) soutenir la restauration de l'ordre constitutionnel", selon un communiqué. C'est la présence d'une mission militaire angolaise (Missang) en Guinée-Bissau qui a motivé le coup d'Etat des militaires, le 12 avril, ces derniers accusant depuis des mois l'Angola de soutenir le Premier ministre renversé et de poursuivre des ambitions colonialistes. Le déploiement de la mission "doit démarrer le 18 mai 2012, avant le retrait le 30 mai de la mission militaire angolaise", indique la Cédéao jeudi. Cette annonce fait suite à une réunion des chefs militaires ouest-africains lundi à Abuja, à l'occasion de laquelle le Nigeria a annoncé qu'il enverrait ses hommes en Guinée Bissau d'ici vendredi, sans préciser d'effectif. La Cédéao (15 membres dont la Guinée-Bissau et le Mali) se prépare aussi au déploiement d'une force de 3.000 hommes au Mali où un putsch le 22 mars a favorisé la chute du Nord aux mains de rebelles touareg et de groupes islamistes armés, notamment Al-Qaïda au maghreb islamique (Aqmi). L'organisation régionale est prête et attend "la demande formelle des autorités maliennes", selon le communiqué. Les Etats ouest-africains ont en outre redit leur inquiétude face aux agissements de l'ex-junte et de "ses alliés civils" qui tentent de "perturber" la transition politique en cours, et réitéré une menace de sanctions. "Toute nouvelle interférence avec (le processus de transition) donnera lieu à la réintroduction immédiate des sanctions ciblées qui avaient été imposées", le 2 avril puis levées le 6 avril après la signature d'un accord, selon le communiqué. La Cédéao avait décidé un embargo total, avec effet immédiat, levé après que les putschistes eurent remis le pouvoir Dioncounda Traoré, président par intérim depuis le 12 avril. Mais les putschistes restent omniprésents et sont en désaccord avec la Cédéao sur la question de la transition.

Un mort dans une explosion dans le sud du Nigeria
Une explosion dans un bus a tué le conducteur et blessé deux passagers jeudi à Port-Harcourt, dans le sud du Nigeria, selon le gouverneur de la région qui soupçonne un accident provoqué par des voleurs transportant de la dynamite. Les voleurs présumés avaient placé de la dynamite et des armes dans le véhicule, selon Rotimi Amaechi, gouverneur de l'Etat pétrolifère de Rivers, dont Port-Harcourt est la capitale. "Un (bâton de) dynamite a explosé, tuant le chauffeur et blessant deux passagers", a-t-il affirmé par téléphone à l'AFP, évoquant un "incident mineur". "Il ne s'agit pas d'un attentat. C'était une explosion de dynamite à l'intérieur d'un bus (provoquée) par des voleurs présumés qui utilisent généralement de la dynamite pour braquer des banques", a estimé le gouverneur. Le porte-parole de l'agence nationale des services de secours (NEMA) a confirmé la mort du chauffeur. "NEMA confirme l'explosion ce jour dans un bus sur le rond-point de Rumuokoro, à Port-Harcourt. Le chauffeur a été tué par l'explosion. La situation est sous contrôle", a affirmé Yushau Shuaib dans un texto. Les deux blessés ont été évacués vers un hôpital et seront remis aux autorités pour être interrogés, a indiqué le gouverneur de Rivers. La police a trouvé dans le bus quatre fusils d'assaut AK-47 ainsi que des munitions, a-t-il ajouté. Port-Harcourt est la grande ville de la région pétrolifère du Nigeria, premier producteur de brut d'Afrique et de nombreuses compagnies pétrolières internationales y ont des bureaux. Les voleurs et autres criminels au Nigeria font souvent usage d'armes de gros calibre et d'explosifs. Le pays est régulièrement frappé par des attentats sanglants attribués au groupe islamiste Boko Haram mais le sud a jusqu'à présent été épargné. Boko Haram opère essentiellement dans le nord et a mené des actions à Abuja et dans d'autres villes du centre. Le sud pétrolifère a été secoué pendant plusieurs années par des attaques de gangs criminels et de militants armés réclamant une plus juste répartition de la manne pétrolière. Depuis une amnistie en 2009, la zone est beaucoup moins agitée et la production de brut, affectée par les violences, est remontée.

Mali : ouverture à Bamako d'un forum sur la crise dans le nord du pays
Un forum sur la crise dans le nord du Mali, contrôlé depuis plus d'un mois et demi par des groupes armés, s'est ouvert jeudi à Bamako en présence de partisans et d'opposants du coup d'Etat du 22 mars qui a précipité le pays dans le chaos, a constaté un journaliste de l'AFP. "Malgré la crise institutionnelle, malgré la partition du pays, nous ne devons pas céder au défaitisme, nous ne devons pas baisser les bras", a déclaré en ouvrant le forum, Tiébilé Dramé, leader du Parti pour la renaissance nationale (Parena) organisateur de la rencontre. Cette rencontre qui, outre les partis politiques, rassemble des associations, des élus, des experts et des invités étrangers, ambitionne de dégaer des "pistes de solutions" à la crise dans le Nord. Dans sa lettre d'invitation à y participer, M. Dramé avait relevé que le coup d'Etat du 22 mars ayant renversé le président Amadou Toumani Touré "a accéléré la partition du pays dont les deux tiers sont aujourd'hui occupés par divers groupes rebelles, tant Maliens qu'étrangers, qui imposent à notre peuple leurs lois". Le putsch a de fait précipité la chute du nord du Mali aux mains de rebelles touareg et de mouvements islamistes armés, dont Ansar Dine (Défenseurs de l'islam) et Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), coupant le pays en deux. "L'occupation des régions Nord du pays et son cortège de malheurs, d'exactions, de vexations sont une source d'humiliation profonde pour toutes les filles et tous les fils du Mali", selon M. Dramé. "Il nous semble que ceux qui ont approuvé le coup d'Etat, comme ceux qui l'ont combattu en refusant le fait accompli, doivent se parler pour tracer ensemble les chemins du recouvrement de l'intégrité du territoire national", ajoutait dans sa lettre le leader du Parena (5 députés sur 147 à l'Assemblée nationale). Ce forum se tient alors que l'impasse politique est totale au Mali: les ex-putschistes gardent une forte influence à Bamako et, bien qu'ayant accepté de rendre le pouvoir à des civils, s'opposent au maintien du président par intérim Dioncounda Traoré, investi le 12 avril, au-delà de 40 jours, soit le 22 mai. Lundi, le chef de l'ex-junte militaire, le capitaine Amadou Haya Sanogo, avait réclamé l'organisation urgente d'une "convention nationale" pour choisir le président de transition jusqu'à l'organisation prévue d'ici à un an d'un nouveau chef de l'Etat. Mercredi soir à Abidjan, Diocounda Traoré lui a répondu que ce n'était "pas une solution" pour sortir de la crise.

L'immigration dépend toujours du ministère de l'Intérieur
Le ministère de l'Intérieur garde pour l'instant la haute main sur la politique de l'immigration, une réforme emblématique du mandat de Nicolas Sarkozy dénoncée en son temps par les socialistes et les ONG de défense des étrangers qui espèrent un changement après les législatives en juin. "L'immigration reste à l'Intérieur", a indiqué à l'AFP l'entourage du nouveau ministre Manuel Valls , adepte d'une gauche moderne et décomplexée, d'origine catalane et naturalisé français à 20 ans. Lorsque la politique de l'immigration est entrée complètement Place Beauvau à la suite d'un remaniement du gouvernement de François Fillon en novembre 2009, le PS s'en était indigné. Au même titre que les associations. En rattachant l'Immigration à l'Intérieur, le gouvernement "fait un lien entre immigration et insécurité", avait alors dénoncé auprès de l'AFP la députée Sandrine Mazetier, spécialiste de la question qui n'a pas souhaité réagir jeudi. "On aurait pu imaginer une rupture avec cette réforme symbolique de Nicolas Sarkozy mais ce n'est pas le cas", remarquait jeudi Stéphane Maugendre, président du Groupe d'information et de soutien des travailleurs immigrés (Gisti). "On constate que la conception policière (de l'immigration) reste imprimée dans ce choix" de François Hollande, ajoutait-il. "Le compte n'y est pas", a regretté France Terre d'Asile (FTA) qui a salué la victoire du socialiste le 6 mai. Son président, Pierre Henry, se dit désormais "dans une position d'attente jusqu'aux élections législatives". "Pas d'impatience, attendons les législatives", a insisté M. Henry, estimant qu'"une rupture symbolique doit s'opérer" avec la conception de Nicolas Sarkozy car "les questions de l'asile et de l'intégration ne peuvent pas relever de la logique de sécurité". Valls, tenant de la droite du PS Au début de son quinquennat, Nicolas Sarkozy avait instauré un "ministère de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Développement solidaire" qui avait été fortement critiqué à cause de l'association "immigration" et "identité nationale". Jusqu'à cette date, la politique de l'immigration relevait de plusieurs ministères: Affaires étrangères, Emploi et Affaires sociales et Intérieur. Le maintien de l'immigration dans le giron de Beauvau "ne doit pas être détaché de la nomination de Manuel Valls", incarnation de la droite du PS, a analysé M. Maugendre. Portée au coeur de la campagne électorale par Nicolas Sarkozy qui a tenté de séduire les électeurs de l'extrême droite, l'immigration a révélé un malaise au sein du PS, partagé entre ceux qui souhaitent "plus de fermeté" et ceux qui "veulent plus d'humanité" vis-à -vis des étrangers. Son candidat, accusé de "flou", a fini par dévoiler une doctrine démentant le laxisme dont il était soupçonné par la droite. Il s'est prononcé pour le "contrôle des flux" et contre les "régularisations massives", promettant que les étrangers non régularisés "ont vocation à être reconduits" dans leur pays d'origine. Cette position a été exprimée sans ambiguïté par Manuel Valls quand, il y a un an, son prédécesseur a expulsé des centaines de Tunisiens arrivés en France après la chute du dictateur Ben Ali. "Les migrants qui sont en situation irrégulière n'ont pas vocation à rester sur le sol français. Je pense que la gauche doit être très claire sur cette question", avait approuvé M. Valls.




























